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Débuter : Jump / le saut à cerf-volant

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 fin de courseL' extase de ceux qui ont réussi à apprivoiser le vent....

 Arc-bouté, les deux pieds plantés dans le sable, deux comparses viennent en renfort pour me maintenir au sol avant le grand envol. Les filins se tendent à bloc, go ! Libéré de toute contrainte mon corps décolle, aspiré vers le ciel par le vent, pou un bond d'une dixaine de mètres dans les airs. Ainsi volent ces quelques adeptes d'un nouveau sport à sensation : le "skiting", néologisme anglais tiré de "Sky", le ciel et de "kite" le cerf-volant; appelé plus communément "JumpKites".

En clair il s'agit de s'élever dans les airs par la grace d'un coup de vent avec comme seul support un cerf-volant.

Ce n'est pas sans une certaine expérience du "Jumping " que j'écris aujourd'hui , vous savez tous que j'aime savoir de quoi je parle ... Ainsi je peux vous dire que dès les premiers instants c'est un bras de fer qui s'engageras, pas question de reculer , les poignets sont sanglés à la barre de direction .Et lors qu'on a réussi à placer son CV dans la fenêtre de vent on sait que la confrontation va s'achever par un bond prodigieux .

Bernard Ghesquiere-7Dès ces premiers instants , on découvre un réel rapport de force avec le vent . Ce petit jeu, que l'on ne cessera de compliquer, met à l'epreuve autant de capacités physiques que mentales .En effet , à tout moment lors de ces évolutions quasi aériennes , on doit se contrôler, bien gérer les commandes du cerf-volant et ne pas céder à la panique . Pour bien se concentrer sur la conduite , la forme physique doit être irréprochable .Lorsque que le pilotage est bien maîtrisé , on peut corser la sauce en ajoutant une ou deux autres voiles . Cela permet d'augmenter la traction ; le pilote s'arc-boute alors sur ses jambes pour rester à terre . Avec une force de vent accrue , il peut quasiment skier au dessus du sol ! La majorité des pratiquants se contentent d'ailleurs de barefoot sur le sable .

C'est une sensation de glisse formidable qui comble déjà bon nombre de passionnés. Mais les possibilités du nouveau jouet sont presque aussi nombreuses que ses pirouettes entre ciel et terre. Le premier saut se classe inévitablement dans la catégorie des souvenirs impérissables .Deux ou trois amis retiennent le pilote suffisamment longtemps pour que , quand ils le lâchent ,il soit littéra---lement propulsé dans les airs.

Buggy Cup d'Hardelot
Frissons garantis !

C'est comme çà que je me suis retrouvé en train de faire des sauts de géants de près de 3 mètres de haut sur 10 métres de distance. Mais la plus folle des sensations qu'un CV de Jump puisse offrir demeure le " lever d'hommes".Là ,une véritable épreuve s'engage .Le pilote ,bien sanglé dans un harnais attaché à une corde et maintenu au sol par plusieurs personnes , peut effectuer un bond de plus de 20 mètres de long .Lorsque les acolytes relâchent les filins , c'est un peu comme un dernier voyage, aspiré vers le haut par une main céleste .

Mais il suffirait d'une rafale contraire pour s'écraser à terre. Car, à l'apparente facilité d'un tel envol succède une réalité implacable : on compte sur les doigts d'une main le nombre de pilotes capables de défier en toute impunité,les lois de la pesanteur. Mais pour celui qui atteint un tel degré de maîtrise de l'engin, le souffle du vent sur sa peau, et l'ampleur que prend le cerf-volant au dessus de sa tête lui donne des allures de fils d'Icare. Le soleil n'est plus si loin...

Plusieurs accidents extrêmement sérieux, une image de marque en chute libre pour le cerf-volant de traction, des débats intenses dans le monde des cerf-volistes : autant d'éléments qui nous engagent a vous conseiller la plus grande prudence et de ne pas vous surestimer....

Quelques précautions élémentaires à prendre pour que ce loisir admirable qu'est le CV ne mène plus personne à l'hôpital ou au cimetière. Un seul mot d'ordre : pour que notre sport reste un plaisir, pour éviter que des accidents stupides ne mènent à une interdiction totale, respectons des règles minimales de sécurité, pour nous-mêmes, mais aussi pour les autres.

 

Jump (n.m.) angl. jump : saut. Saut à cerf-volant. Consiste à utiliser un cerf-volant de traction pour s'élever dans les airs et retomber en douceur plusieurs mètres plus loin. Exemple : "hier, j'ai fait du jump."

Dès l'apparition des premiers grands cerfs-volants destinés à la traction, nombreux sont ceux qui se sont intéressés à la composante verticale de la force développée par ces appareils. Très vite, ils se sont aperçus qu'il était possible de décoller du sol, et d'avancer de plusieurs mètres avant de retomber, porté par la voile. Le principe technique est remarquablement simple : le but est de donner de la puissance à la voile en la faisant travailler dans la fenêtre de vol, puis de maximiser la composante verticale de cette puissance en faisant remonter rapidement l'appareil.

L'une des techniques consiste à envoyer la voile en bord de fenêtre, puis à la ramener au centre à pleine vitesse; il suffit ensuite de faire remonter la voile en plein centre de la fenêtre de vol, puis de se laisser porter (Voir fig.1). Inconvénients: la puissance développée est telle que la voile peut entraîner le pilote vers l'avant, sans le faire décoller, avant que la voile ait eu le temps de remonter. La chute est alors violente.

Une autre technique consiste à faire décrire des huit à la voile, en haut de fenêtre. La voile prend de la vitesse, et profite de la moindre ascendance pour tirer le pilote vers le haut (voir fig.2) Inconvénients : les ascendances ne préviennent pas, et on est toujours un peu surpris de se trouver brutalement levé à plusieurs mètres du sol. Cette deuxième méthode est la plus dangereuse, la plus répandue aussi: A PROSCRIRE !

 

Fig.1

Fig.2

Eh oui, le saut est une activité risquée, il vaut mieux le savoir. Ne surestimez jamais vos forces ni votre compétence technique, le prix à payer est trop élevé.

Par sa nature même, le saut à cerf-volant vous impose de rester suspendu à une voile, à des hauteurs parfois impressionnantes. Certains sauteurs atteignent 15m en hauteur, ce qui représente un immeuble de 4 étages ! Autant dire qu’une chute dans ces conditions équivaut à un décès à peu près garanti.
Il est pratiquement impossible, même pour les plus expérimentés, de savoir à quelle distance va vous projeter un saut. Les paramètres sont trop complexes : vous pouvez maîtriser la technique, connaître votre matériel, en revanche, nul ne peut prévoir le comportement du VENT.

Si une grosse rafale ou une ascendance puissante vous soulève brusquement, vous risquez de vous retrouver beaucoup, beaucoup plus loin que prévu.


Concrètement, les risques sont les suivants :


1°) La chute


Vous lâchez les poignées (crampe ou effet de surprise), ou votre voile dévente brusquement alors que vous gigotez à 5 m de hauteur.
Suivant la hauteur, les chutes peuvent se solder par de graves entorses, des blessures extrêmement sérieuses aux membres et à la tête, voire par la mort.


2°) L’obstacle

votre voile vous emmène plus loin que prévu. Vous percutez un obstacle: qu’il s’agisse d’un muret, d’une digue, ou (eh oui!) d’un passant, les conséquences sont catastrophiques.


3°) Le lâcher de voile
La traction est réellement trop forte, vous lâchez les poignées. L’élasticité des fils en font une arme mortelle pour toute personne placée devant vous.


4°) La charrue
La composante horizontale de la traction est plus forte que la composante verticale. La voile vous traîne, et vous servez littéralement de charrue (avec bonus de points de suture si vous êtes au harnais).

Voilà pour les risques. Evidemment, si vous tenez à sauter, il existe un certain nombre de moyens pour LIMITER ces risques...

 

Buggy Cup d'Hardelot 2008 (4)

Un bon matériel est déjà un petit début de sécurité en jump.


Une voile adaptée
La voile tout d’abord ; il doit s’agir d’un bon porteur, capable de vous soutenir en l’air, et surtout sans risquer de déventer au moindre courant rabattant.

Des voiles comme la Nasa Chute, très à la mode, sont plutôt à proscrire: leur stabilité en l’air est douteuse, et si elles se replient, bye bye. Préférez des voiles à nombreux caissons, aussi stables que possible, puissantes et peu nerveuses. Par exemple, les voiles Mandibule sont spécialement développées pour le saut.
Certains sautent avec des deltas, fabriqués maison et spécialement adaptés; ce n’est pas à recommander avec les deltas du commerce.

Les lignes
Ne lésinez pas sur la qualité des lignes, ce sont elles qui devront supporter votre poids. Leur résistance devrait être d’environ 4 fois votre poids pour une véritable sécurité. Des lignes anciennes ou usées ne sont jamais fiables. Changez-en. Un noeud sur une ligne réduit sa résistance de 30%. Vérifiez les donc sur toute leur longueur avant l’emploi.

Recourir au conseil
N’hésitez pas à vous faire conseiller par un (bon) vendeur dans un magasin specialise et non une grande surface sportive...

Vous reconnaîtrez facilement les magasins sérieux : ils vous informeront sur le risque. Le conseil doit porter sur le matériel, mais aussi sur la pratique.
En cas de doute, contactez la Fédération.

Sachez tout de même qu’aucun matériel n’est sûr à 100%. N’oubliez pas de toujours vérifier la solidité de vos poignées, de vos lignes et de vos suspentes avant de sauter.

Bien évidemment, le lieu où vous pratiquez a son importance.

- un vent régulier : vous devez rechercher un lieu où aucun obstacle (ni maisons, ni arbres) ne vient rendre le vent turbulent. Le vent de terre est souvent associé à des vents irréguliers. La présence de dunes ou d’immeubles accentue le danger de compressions : le vent s’accumule et sort brusquement, avec une puissance assez effarante (n’essayez pas...) Un vent de mer est souvent l’idéal - mais attention : les plages sont parfois étroites!

- un sol meuble et ferme à la fois : meuble pour amortir les chocs au moment de la descente, mais ferme pour éviter de s’enfoncer et de s’abîmer les articulations. Un sable mou n’est pas indiqué, mais sauter sur du béton n’est pas recommandé non plus...

- Une visibilité absolue : le sol doit être visible, pas de hautes herbes susceptibles de masquer des trous ou des taupinières. Le sol doit également être plat.

Un espace dégagé dans la direction du saut : si votre bond va plus loin que vous ne pensiez, inutile de décapiter les passants ou de vous écraser contre une digue. On a vu des jumpers se retrouver sur un balcon. En mauvais état. Ne jumpez, pas du balcon....

1°) Vérifiez toujours votre matériel.
Les lignes doivent être neuves, souples, exemptes de nœuds ou de défauts, non-effilochées et gainées aux extrêmités. Les suspentes doivent être en parfait état.
2°) Protégez votre corps!
Le casque avec protection faciale, les genouillères et coudières sont à recommander vivement. Portez des chaussures montantes, solides, à lacets. Malheureusement, il n’existe aucune protection fiable pour la partie la plus exposée et la plus fragile: la colonne vertébrale. Si elle touche... rideau.
3°) Sautez selon vos moyens. On ne saute pas pour épater la galerie, mais pour se faire plaisir. Si le temps est trop gros, que vous ne le sentez pas, renoncez. Comme pour tout sport, la prudence est une qualité majeure et indispensable. Ecoutez votre peur.
4°) Ne sautez pas seul . Il est indispensable d’avoir au moins un partenaire présent derrière vous, qui prendra les mesures nécessaires en cas d’accident.
5°) Oubliez la notion de record. Plus qu’ailleurs, les records sont un danger mortel. Pour battre un record, il suffit d’une voile énorme, d’un temps énorme, et de beaucoup d’inconscience. Rienà voir avec le sport, en tout cas.

6°) Oubliez le harnais
Parfois Précieux en char, il est ici extrêmement dangereux et inutile.

7°) Choisissez soigneusement le terrain
Pas de turbulences, pas de trous dans le sol, un terrain meuble mais pas trop, pas d’herbes hautes, de déchets ou de ferrailles.
8°) Si vous débutez, prenez conseil auprès d’un ou plusieurs vendeurs. N’écoutez jamais ceux qui vous disent que c’est sans danger. Ils ont un chiffre d’affaires à réaliser.
Par contre, les bons vendeurs aiment garder leurs clients. Longtemps.
9°) Technique
Avant le saut, n’envoyez pas votre voile trop bas sur l’horizon.Sa puissance en milieu de fenêtre risque de vous surprendre.
10°) Sautez libre
Toutes les techniques qui consistent à se faire retenir, d’une manière ou d’une autre, pour retarder le saut et augmenter la puissance sont dangereuses.

Le jump est une activité plutôt chaude. Plusieurs en sont morts, ou sont en fauteuil, pour avoir pratiqué de la plus mauvaise façon qui soit. Voici dix choses à ne JAMAIS faire.

Les Pirates (11)1°) Sauter entouré de public
Vous tuerez peut-être un passant avant de vous tuer vous. Bingo...Préférez systématiquement avoir votre public derrière vous.

2°) Sauter avec un matériel ancien ou non-vérifié
Quand vous regretterez votre négligence, il sera trop tard.

3°) Sauter à plusieurs
En retombant, celui du dessus peut écraser la colonne de celui du dessous. Avec un bruit sec.

4°) Sauter d’une hauteur
Et si la voile ne vous retient pas? Ne confondez pas cerf-volant et parapente!

5°) S’accrocher par l’arrière et se faire lever par la voile («manlifting»)
En cas de dévente, vous retombez forcément lourdement. Bilan: fractures,
paralysies, mort.

6°) Sauter au harnais
Le harnais est inutile et dangereux pour sauter. Vous n’avez pas l’intention de lâcher les poignées à 5m du sol, si?
En cas de chute, un harnais vous traîne sur de longues, longues distances. Mmmmh.

7°) Sauter sans protections

Sauter en maillot de bain, sans casque et en tongs, c’est beau pour les photos dans les magazines. Mais c’est également de l’inconscience totale.

8°) Sauter sur terrain dur
Hardelot_j2 (96)
Sauter sur un terrain trop dur (parking, etc.), c’est s’exposer à des chutes extrêmement graves, et à des brûlures si la voile vous traîne.


9°) Sauter face à des obstacles
Même si les obstacles en question vous semblent hors de votre portée, attention: le saut sera peut-être beaucoup plus long que vous ne l’imaginiez.

10°) Sauter avec une voile mal dimensionnée
Si la voile est trop grosse pour vous, pour le vent, vous le sentirez très vite. Trop vite. Trop tard, dans certains cas...Mais si vous êtes sous-toilé, vous risquez aussi de vous louper sévèrement.


  Jumper "planté" dans le sable (après un trop grand saut)
 
Ci dessous, jump en montaimboard....
 
Image Exemple

 

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