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REPORTAGE VIDEO | Art éphémère et millénaire, le cerf volant est un passe-temps d'adulte et a des si

Les lanternes de papier se balancent au moindre désir du sorcier-vent. Fragiles éphémères constructions des poètes qui donnent vie à ces cerfs-volants traditionnels. Du papier de soie, des baguettes de bambou, un fil de coton. Une tradition asiatique vieille de 3 000 ans. Rien n'a changé ou si peu.

Emmanuel Napoli est français. Il est venu animer un atelier pour apprendre à confectionner des cerfs-volants et des ballons de papier. Il est l'un des rares en Europe à en avoir fait un métier. Ils ne sont même pas dix. Car ici, bien souvent, le cerf-volant est considéré comme un loisir d'enfant sur les plages d'été. Voiles synthétiques, baguettes de plastique, corde en nylon : ces cerfs-volants modernes ne sont que la déclinaison en matières d'aujourd'hui de cet art millénaire.


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À travers le monde, il est pourtant bien une passion d'adulte : «En Chine, en Inde, en Indonésie, au Brésil, au Chili, le cerf-volant crée un vrai lien social entre les gens. Il fait partie des grandes fêtes populaires », assure le cerf-voliste. Et il a aussi des tas de significations selon les cultures. «Au Guatemala, le jour de la Toussaint, on fait voler des cerfs-volants dans les cimetières. À la fin de la journée, on coupe le fil et l'âme des morts s'envole en même temps dans le ciel. Au Sri Lanka, les enfants s'en servent comme épouvantail dans les champs. Et au Cambodge, on les fait voler lors de grandes fêtes populaires en hommage à la terre nourricière et aux femmes qui donnent la vie», raconte Emmanuel Napoli.

90 % de ces engins volants dans le monde sont des cerfs-volants de combat : deux baguettes de bambou croisées, une voile en papier de soie et un fil de coton recouvert de poudre de verre. Un sport très populaire et peu coûteux. Dans les villes d'Asie et d'Amérique latine surtout, enfants et adultes s'amusent à essayer de couper le fil des autres. «Les cerfs-volants coupés s'envolent et sont récupérés par d'autres pour vivre une seconde vie. Un cerf-volant n'appartient jamais vraiment à quelqu'un», raconte le cerf-voliste. Il est parti dans pas mal de pays pour rencontrer d'autres artisans passionnés et apprendre d'autres techniques. Ce qui l'intéresse, c'est moins l'objet en lui-même que toute la culture et l'histoire qui l'entoure. Et puis surtout, la passion de transmettre son savoir.

Pour cet atelier, il est venu apprendre à des adultes comment on fabrique ces ballons brésiliens. Des sortes de lanternes de papier qui fonctionnent un peu comme une montgolfière: un volume que l'on gonfle à l'air chaud à l'aide d'une mèche faite de papier trempé dans la cire. Il s'agit pour une première de fabriquer de petites lanternes. De modestes constructions qui sont déjà pourtant fort belles. Mais bien insignifiantes par rapport à celles que construisent les «balineros», les cerfs-volistes brésiliens : «Dans les favellas, les quartiers populaires, les familles construisent leur ballon pendant un an voire deux. Certains font jusqu'à 70 mètres de haut. Mais en moyenne, c'est 30 mètres.» Une fois toute la source de chaleur brûlée, le ballon retombe et est récupéré par d'autres... pour construire de nouveaux ballons. Cette tradition bien que très populaire au Brésil est interdite depuis 1996 : trop dangereux selon les autorités. C'est pourtant «tellement beau la nuit. Ça fait une étoile de plus dans le ciel.»

Vents d'Houyet ASBL : 082 64 63 05 www.vents-houyet.be

Audrey VERBIST

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"A l"origine, on inventa les cerfs volants pour faire sêcher les cordes"

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